Dans le plat national du Sénégal, le poisson est cuit à l'étouffée ou au feu avec des légumes et servi sur du riz aromatisé à la pâte de tomate. Les autres garnitures sont la sauce au tamarin, la sauce aux feuilles de bissap et la sauce à l'oignon. (Crédit : CC)

Thiéboudienne, l’alliance parfaite entre saveurs et couleurs

Le Sénégal est connu non seulement pour son hospitalité mais aussi pour son célèbre plat national, le thiéboudiène. Ce riz à base de tomates prend ses racines dans la ville de Saint-Louis. Au Sénégal, comme dans les pays voisins d’Afrique de l’Ouest, le thiéboudienne se consomme lors d’évènements importants ou simplement au repas du midi. Dégustation avec la cheffe Aicha pour notre semaine spéciale gastronomie !

Thiéboudienne de la Cheffe Aicha (Crédit : Cheffe Aicha)

Aux origines de ce plat aux multiples saveurs

Penda Mbaye était une cuisinière réputée au Sénégal pour ses recettes uniques. Après avoir cueilli des tomates, elle a eu l’idée de les malaxer et de les ajouter à du riz et du poisson. Le thiéboudienne, dont l’odeur se répand à sa simple préparation et aux multiples saveurs était né. Cette dame avait été incitée à concocter un plat par le gouverneur Français en place à Saint-Louis durant l’époque coloniale. Pour son goût exceptionnel, la recette de Penda Mbaye s’est répandue dans différents pays de l’Afrique de l’Ouest.

Entretien avec la cheffe Aicha

Aicha

Originaire de Kaolack, Aicha a grandit avec une mère passionnée par la gastronomie africaine. La nostalgie de son enfance la pousse à embrasser une carrière de cuisinière. Titulaire d’une licence d’anglais, elle remporte le concours d’entrée à l’Ecole Nationale de Formation Hôtelière et Touristique au Sénégal. Aujourd’hui, elle est cheffe cuisinière et exerce son activité au sein de l’ambassade d’Afrique du Sud. Aicha nous partage les secrets de ce plat qu’elle adore, le thiéboudienne.

Qu’est-ce qui fait la spécificité du thiéboudienne ?

Il s’agit d’un plat très riche. Le riz est orné par ses nombreux légumes : choux-fleurs, carottes, navets, maniocs, patates douces… C’est ce qui fait sa particularité ! Pour savourer davantage le plat, on peut l’accompagner avec du jus de bissap.

Qu’est-ce qu’un bon thiéboudienne pour vous ?

Pour moi un bon thiéboudienne ne doit pas contenir de bouillon. Cela masque le goût des autres ingrédients présents dans le plat.

Vous restez fidèle à la recette traditionnelle, les autres variantes peuvent-elles vous inspirer ?

Le thiéboudienne est un plat qui a beaucoup voyagé… Au Mali, il se prépare un peu différemment qu’ici, au Sénégal. Ils vont remplacer le poisson par le poulet par exemple. Au Niger, le jolof, est un dérivé du thiéboudienne. Mais les recettes vont surtout dépendre des ingrédients disponibles dans chaque pays. On utilise ce qu’on a !

Quel est votre ingrédient préféré dans ce plat ?

Le locos ! Je ne peux pas m’en passer. Cela donne une odeur extraordinaire qui se propage dans toutes les pièces… Il faut concasser ensemble trois oignons verts et jaunes, un poivron vert, de la coriandre et une touche fine du sel. Ensuite, laissez le tout mijoter à feu doux. J’adore ce stade de la préparation !

N’y a t-il pas une « bataille » entre les différents pays d’Afrique de l’Ouest pour savoir qui fait le meilleur thiéboudienne ?

Si vous voulez un bon thiéboudienne, venez au Sénégal ! Et plus particulièrement à Saint-Louis pour goûter le plat originel donc sans bouillon ou autres produits transformés.

Assatou Diallo

Étudiante en philosophie politique, j'aspire à devenir journaliste. Avec Le Globeur, j'aimerais faire découvrir l'Afrique sous différents angles !

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