Migingo Island, l’île des pêcheurs

L’île de Migingo se situe à cinquante kilomètres des côtes du Kenya dans le lac Victoria, un des plus grands lacs du monde. A la frontière du Kenya et de l’Ouganda, l’île est gardée par deux postes de police, un kenyan et l’autre ougandais. L’île a une superficie de 2 500m² (50m sur 50m) et est peuplée entre trois cents et cinq cents habitants. Personne n’y vit continuellement. Tous y restent quelques semaines voire quelques mois pour pêcher puis repartent sur le continent. Pour le chef de police ougandais, deux choses importent plus que tous sur Migingo : “la sécurité et le business.”

Je suis parti en bateau, escorté par la police gouvernementale du Kenya. L’autre possibilité était de naviguer avec les habitants de l’île, sur une barque en bois. Un chauffeur de taxi m’a vivement conseillé de rentrer en contact avec la police, étant donné la situation géographique complexe de l’île, partagée entre deux Etats ainsi que la dangerosité du voyage en mer.
Une femme attend son mari qui pêche sur le lac depuis l’aurore.
Une personne est chargée de nettoyer puis faire sécher les vêtements des pêcheurs qui n’ont besoin que de très peu de temps pour être secs. Le soleil, reflété par la taule des habitations, tape très fort sur Migingo.
Après l’effort, le réconfort. Durant l’après-midi, après une matinée voire une nuit entière à pêcher, les hommes se décontractent en buvant et dansant sur de la pop africaine au bar. Un bon moyen de décompresser.
Un bar parmi tant d’autres. Les bières qu’on y vend proviennent principalement du Kenya (le trajet étant moins long) mais d’autre alcools étrangers y sont aussi savourés sur place. 

Nombreux sont adeptes de billard sur cette île. Un moyen de faire passer le temps.
Trois machines à pièces posées le long d’une habitation, sur un des chemins principaux. Pour y jouer, des pièces spéciales sont nécessaires pour peut-être gagner le “gros-lot”.
Au bord de l’île se trouvent les toilettes. Gratuites, elles sont ouvertes à chaque individu. L’évacuation se fait directement dans l’eau.
La population est chrétienne, musulmane et hindoue. Ici, une salle de prière pour tous les pratiquants musulmans avec un tableau des heures de prières et certaines citations du Coran. 
L’île dispose d’un unique salon de coiffure pour homme. Là où tous les marins-pêcheurs se font une beauté avant de reprendre la mer.
On peut aussi acheter des vêtements traditionnels venant du Kenya ou de l’Ouganda.
L’unique pharmacie de l’île. Elle y fait office de dortoir pour les patients. Les médicaments y sont basiques, pour les douleurs passagères. Le pharmacien reste toute la journée dans cette pièce, attendant que quelqu’un ait besoin de ses services.
Cette femme est “la banquière” de l’île, elle compte les revenus de chacun et les stocke.
Les chemins sont très étroits, rendant la circulation difficile. Mais il ne faut pas gaspiller un seul mètre carré, l’île est petite, les villageois très nombreux.
Bien que le business soit la raison principale de l’île, certains pêcheurs emmènent sur cette terre leur famille y compris leurs jeunes enfants. Dans la journée, ces derniers sont autonomes et s’occupent comme ils peuvent. Une quinzaine errent et s’amusent sur les rochers.
L’électricité est inexistante sur l’île excepté à cet endroit où un générateur fournit de l’énergie pour les portables, important pour communiquer durant la journée.
Ici, une cabane faisant office de restaurant la journée et de dortoir la nuit. Des matelas ou tapis sont à mis disposition pour ceux qui veulent passer quelques nuits sur l’île.
Appelé “Le King”, cet homme est un des meilleurs pêcheurs de l’île selon ses pairs.
Lieux d’accostage de l’île où les barques arrivent et partent du port. Les pêcheurs y démêlent leurs filets remplis de poissons.
La récolte d’un pêcheur. Ces poissons sont des Perches du Nil, en attente d’être pesés.
Le port est la place de rendez-vous de tous les pêcheurs. Chacun arrive avec en moyenne une tonne de poissons par mois pour les peser et ainsi mettre un prix sur l’arrivage.
Une femme s’occupe de vider le poisson pour ensuite le cuisiner.
Le poisson est généralement frit pour le manger sur place.

Certains poissons sont séchés pour être ensuite vendus sur les côtes du Kenya. Ceux servis dans les restaurants de la côte kenyane proviennent de Migingo.
Corentin Carret

Raymond Depardon a dit: "Il faut aimer la solitude pour être photographe". Je ne vie pas encore de la photographie mais j'aime la solitude, durant mes voyages, durant mes reportages et leur rédaction. Mais lorsque trop pesante, Le Globeur m'aidera à me battre contre elle par son champ d'action.

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