Le Japon échappe (pour l’instant) au confinement

Bien que proche de pays sévèrement touchés, le Japon échappe encore et toujours à la vague épidémique mondiale. Plus pour longtemps présagent certains.

Les pays se barricadent, à l’extérieur comme à l’intérieur mais le Japon demeure, bien qu’assez tôt touché par l’épidémie, en assez bonne forme compte tenu du climat global.

Le pays en état stationnaire

Quelques lieux et musées emblématiques ont fermé leurs portes : le musée Ghibli, le temple impérial de Kyoto… Mais au-delà de ces quelques monuments, la vie reste la même malgré un nombre réduit de touristes. En temps normal, la majorité de l’affluence touristique japonaise vient de Chine. On croise encore quelques Occidentaux et Japonais mais pas autant que les moyennes saisonnières le voudraient. Pas d’inquiétude, Tokyo va accueillir les JO de 2020 et donc attirer du monde !

Malheureusement non. Après des tergiversations à répétitions, Shinzo Abe et le Comité Internationale Olympique (CIO) se sont mis d’accord pour repousser l’édition 2020 à 2021, une décision historique. Le quotidien des Japonais n’a pas autant changé qu’en Europe. Certaines écoles sont fermées mais très peu d’universités et commerces le sont. Grâce à leur hygiène irréprochable (masques omniprésents et gel hydroalcoolique à tous les coins de rues), il semblerait que le Japon soit le pays qui s’en sorte le mieux, surtout au regard du reste de l’Asie (excepté la Chine qui semble enfin sortir la tête de l’eau).

Les préfectures japonaises face au dilemme de l’état d’urgence

Il y a peu, les gouverneur.e.s d’Osaka et Tokyo incitaient épisodiquement leurs concitoyens à rester chez eux lors des weekends et soirées. Aujourd’hui et depuis le 7 avril, ces deux préfectures ainsi que 5 autres sont officiellement en état d’urgence. Comme l’île est un état fédéral, l’état d’urgence ne peut être déclaré que préfecture par préfecture. À l’heure où j’écris ces lignes (vendredi 10 avril), l’état d’urgence a été déclaré dans 7 préfectures dont 4 autour de la capitale (Tokyo, Chiba, Saitama et Kanagawa). Mais celui-ci est loin d’être comparable à l’état d’urgence français. Les autorités ont la possibilité de “fortement inciter” la population à réduire ses déplacements non essentiels ou encore de fermer les établissements scolaires. Seules 7 des 47 préfectures que compte le Japon sont aujourd’hui en état d’urgence, ce qui est peu. La situation se maintient dans les autres préfectures, notamment la mienne, la préfecture de Nagano. Côté festivité, l’ouverture de la période de floraison des sakuras (les cerisiers aux fleurs roses) a accueilli autant de monde que les précédentes éditions, malgré une date incroyablement tôt due aux températures élevées.

Au final, vivre au Japon en période de pandémie se révèle être un moindre mal. Dans l’auberge où je loge, on relativise (et rigolons bien aussi j’avoue) avec mes amis espagnols, australiens et malaisiens en pensant à nos familles confinées. Je me rends d’autant plus compte de la chance que j’ai d’être ici, ce n’était pas du tout prévu !

Basile Hervé
Basile Hervé

Une licence de sciences politiques en poche, je compte partir voyager pendant 6 mois en Asie. Ce voyage sera l'occasion d'écrire et d'approfondir les différents formats journalistiques. Passionné de musique, je m'intéresserai aussi beaucoup au côté culturel des pays que je traverserais.

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