A cause de l'épidémie, des barrières ont été mises devant les bancs sur la place centrale de Nicosie pour empêcher les rassemblements, Chypre. © Mélissa Salé

Journal intime d’une confinée sous le soleil de Chypre

Pour mieux vous relater ce que je vis à Chypre avec cette pandémie, en tant qu’étudiante Erasmus, j’ai décidé d’écrire sous le format d’un journal intime. Ancienne adepte de la rédaction de journaux intimes, il s’agit pour moi du moyen le plus simple pour vous détailler les événements qui m’ont marqués. À travers ce journal intime, je vais donc vous laisser vous immiscer dans ma vie quotidienne à Chypre en ce temps de crise. C’est parti !

Découverte du virus sur une île d’un million d’habitants

Lundi 9 mars 2020
Cher journal,
Aujourd’hui : nouvelle journée de cours, une journée banale… jusque 21h. J’ai appris avec les autres étudiants Erasmus ce qu’on redoutait depuis le début de cette crise sanitaire. Alors que le cours de grec vient de s’achever, on m’annonce que Chypre a recensé ses deux premiers cas de Covid-19. Jusque-là, j’étais plutôt sereine par rapport à ce virus, même si je savais qu’on finirait bien par avoir des contaminés sur l’île. Mais pas si tôt. Je viens de lire un article sur News in Cyprus qui en parle : le premier a 25 ans, il est à Limassol et il est revenu de Milan le 26 février. Quand il est rentré, il a été invité à s’isoler. Au départ, il a été testé négatif, puis finalement positif à l’issue du second test. Le second contaminé est un professionnel de santé à Nicosie. Il s’agit d’un homme âgé de 64 ans, qui est revenu du Royaume-Uni le 3 mars. Le ministère de la santé est actuellement en train de rechercher toutes les personnes avec qui cet homme de 64 ans a été en contact. Je commence un peu à m’inquiéter. Avant d’avoir connaissance des premières personnes infectées sur l’île, je m’étais dit que si Chypre était concernée par ce virus, alors ce serait inquiétant pour une île d’environ un million d’habitants.
J’avais deux hypothèses : soit le virus se répandra très vite car il est facile de faire le tour de l’île en une journée, soit le gouvernement prendra les mesures nécessaires, en instaurant par exemple un confinement. Pour l’instant, on n’y est pas encore, mais je commence à m’imaginer tous les scénarios possibles. Bon, OK, respire. Ce n’est que le début, ce n’est pas comme si on nous avait annoncé une centaine de cas…

Des vacances anticipées ?

Mardi 10 mars 2020
Cher journal,
Grande nouvelle ! L’université ferme ses portes à partir de demain jusqu’au 25 mars ! Et devine pourquoi ? Parce que le médecin contaminé de 64 ans est également professeur à l’université ! Il a donc donné des cours récemment et rencontré des patients, alors qu’il était contaminé depuis son retour du Royaume-Uni. Bon bah… les pieds dans le plat comme on dit hein ! Sérieusement, c’est pas top. Et pour l’instant on ne sait pas si on aura des cours en ligne. En plus ce soir, je dois bosser au café… j’avoue ne pas être spécialement motivée par l’idée de servir pendant 8 heures des clients qui ont peut-être le virus. Je m’inquiète peut-être un peu trop mais après tout, on ne sait pas avec qui ce médecin a été en contact. Je sens que je vais passer une soirée de folie à me laver les mains toutes les 30 minutes.

Voyage de folie

Mercredi 11 mars 2020
Cher journal,
Ce soir avec d’autres étudiants Erasmus, on a prévu un incroyable voyage en Jordanie pour les vacances d’avril ! Le plan : 10 personnes à partir, deux voitures louées et la découverte de la fameuse cité de Pétra, une nuit dans le désert (à la belle étoile j’espère !), monter sur des chameaux (ou dromadaires ?), faire de la planche dans le désert, et aller à la Mer Morte. Ça promet d’être vraiment top ! Petit bémol : même si on a déjà pris nos billets d’avion, on n’a pas encore réservé quoi que ce soit car on est un peu dans le flou avec ce virus. Imagine si finalement le virus se propage en Jordanie et qu’on ne puisse plus y aller ? Ou alors si on y va et qu’on y reste coincé, car Chypre décide de fermer ses frontières à cause du virus ? Ou si les vols pour partir sont annulés ? Bref… beaucoup trop de conditionnel qui, pour l’instant, nous empêche de nous préparer réellement pour cette aventure. J’espère que ça ira !

Tout tombe à l’eau

Jeudi 12 mars 2020
Cher journal,
Aujourd’hui a été une journée CATASTROPHIQUE. Déjà, une de mes amies à décider de mettre fin à son Erasmus pour retourner en Italie. Elle a peur de ne plus pouvoir retourner chez elle dans les semaines à venir, car le nombre de personnes malades et le nombre de morts ne fait qu’augmenter dans son pays. Elle souhaite donc rentrer à temps afin d’être en confinement avec sa famille. Elle va vraiment me manquer. Avec les autres on lui a donc fait un pot de départ… la déprime. Et devine quoi ! Alors qu’on était en train de lui dire au revoir, on a appris que nos vols pour la Jordanie ont été annulés par la compagnie aérienne ! Et hop ! Voyage de rêve parti en fumée, une journée à peine après avoir prévu ce qu’on allait visiter. Certaines personnes de la bande commençaient déjà à s’imaginer un plan B, un plan C… pour pouvoir quand même y aller. On a eu de tout : entre une qui voulait partir dans les jours à venir en espérant trouver des vols avant qu’il n’y en ait plus du tout, et un autre qui voulait y aller en bateau ! Bon… ils ont vite laissé tomber car c’est trop risqué. Heureusement qu’on n’avait pas réservé… Mais restons positifs : on va pouvoir en profiter pour visiter Chypre !

Fausses inquiétudes et premières mesures

Samedi 14 mars 2020
Cher journal,
Décidément je ne suis pas celle qui panique le plus… hier je commençais à m’inquiéter car j’avais des courbatures et une pression au niveau de la poitrine. Pas de fièvre, ni de toux, donc ça allait. Mais j’ai eu la mauvaise idée d’en parler à mon père. Ce matin, le café où je travaille m’appelle en m’informant que mon beau-père a essayé de me joindre. Il a donc appelé le café pour avoir de mes nouvelles. Je raccroche, surprise. Deuxième appel : cette fois-ci, c’est l’ambassade française de Chypre. On m’informe que mon beau-père est inquiet car je ne réponds pas à mon téléphone depuis hier soir. OK… ne sachant pas ce qui se passe, j’appelle ma mère. Et là : c’est parti pour une belle leçon de morale. Après avoir dit à mon père comment je me sentais hier soir, il en a informé ma mère qui a commencé à paniquer, croyant que j’avais attrapé ce maudit Covid-19. Elle a donc tenté de me joindre à plusieurs reprises durant la soirée mais… je n’avais plus de batterie, et je n’ai pas pensé à mettre en charge mon téléphone. Elle s’est donc inquiétée toute la nuit, et a demandé à mon beau-père de contacter le café où je travaille ainsi que l’ambassade pour savoir ce qu’il m’était arrivé. Sacrée affaire ! La prochaine fois, j’y réfléchirai à deux fois avant de dire quoi que soit, surtout que je n’ai rien, les courbatures sont passées. Autre nouvelle : je ne sais pas s’il y a de quoi être rassurée ou non mais le gouvernement a annoncé aujourd’hui qu’à partir de demain, les aéroports vont interdire l’entrée sur le territoire à certaines catégories de personnes. Par exemple, celles qui ne sont pas chypriotes ou membres de l’Union Européenne. Cette interdiction est valable pour une durée de 15 jours. Aussi, si les personnes autorisées à venir sur le territoire viennent d’Hubei, d’Italie, d’Iran ou de la Corée, elles devront rester isolées pendant 14 jours. Les personnes venant d’autres destinations, devront simplement faire attention si elles ressentent des symptômes ou non. Bon c’est déjà ça, je trouve que le gouvernement prend des mesures plutôt rapides.
Mais en même temps je commence à me poser des questions. Et si la France décidait de fermer ses frontières ? Est-ce que je devrais partir au risque de ne plus pouvoir revenir à Chypre ensuite ? Ou, est-ce que je devrais rester au risque de ne plus pouvoir rentrer en France avant une période indéterminée ? Surtout, dans le pire des scénarios, comment est-ce que je me soignerai à Chypre si j’attrape réellement ce satané virus ?

La rue Ledra à Nicosie, déserte en cette période de confinement. © Mélissa Salé

Ville fantôme

Lundi 16 mars 2020
Cher journal,
Le gouvernement chypriote a annoncé la fermeture de tous les lieux publics à partir d’aujourd’hui jusqu’au 30 avril (sauf ceux vendant des biens de première nécessité). Je suis dégoûtée. Fini les sandwichs falafels dont je raffole, fini mon job au café qui me permettait de faire des rencontres et des économies… Mais c’est mieux comme ça, je le sais. Je suis partie faire un tour dans la ville, on dirait une ville fantôme. Tout est effectivement fermé. La rue Ledra, plus grande rue commerçante de Nicosie, semble bien sobre sans ses fourmillements d’individus quotidiens. Mais certaines personnes continuent quand même de sortir, se regroupant en petits groupes sur la grande place. Le gouvernement a également annoncé que toute personne souhaitant venir à Chypre devra avoir réalisé un test pour s’assurer qu’elle n’ait pas le virus. Autant dire tout de suite que ça va empêcher plus d’un de venir, les tests n’étant pas à disposition en un claquement de doigt. En plus de tout ça, le nombre de malades continue de grimper. Il y a actuellement 54 cas sur l’île. Et, pour couronner le tout, j’apprends qu’en France on est passé au stade 3, je me demande ce que ça va donner… en espérant que les frontières ne soient pas fermées.

Un délicieux sandwich aux falafels. © Mélissa Salé

Entre peur du marché local et cours en ligne

Samedi 18 mars 2020
Cher journal,
Habituellement, j’adore aller au marché local, juste en face de chez moi. J’aime rencontrer les commerçants chypriotes, acheter leurs fruits et légumes, et revenir chaque semaine les voir, leur faire un brin de causette. Mais aujourd’hui, j’ai peur. De ma fenêtre, j’ai observé toute la matinée s’il y avait foule. Et effectivement, malgré l’épidémie, il y avait pas mal de monde. Ce qui m’étonne c’est que tous les lieux publics sont fermés, hormis le marché. Bon OK, il vend des biens de première nécessité, mais je pense que c’est imprudent de le maintenir car de nombreuses personnes s’y rassemblent chaque semaine. Malgré tout, les gens ne sont pas fous, la grande majorité d’entre eux avaient des gants et des masques. Moi, je n’en ai pas. Impossible de trouver des masques, les pharmacies et les supermarchés sont en rupture de stock. Pour les gants, j’en achèterai peut-être plus tard, à mon avis il vaut mieux se laver les mains fréquemment. Finalement, j’ai quand même été au marché, mais ça a été plutôt rapide. Juste de quoi m’acheter l’essentiel, et, en rentrant, j’ai lavé tous les produits au savon.
Ah, au fait : j’ai failli oublier de te dire que l’université nous a annoncé pas mal de choses hier. D’abord, l’établissement ferme ses portes jusqu’au 10 avril. Ensuite, les deux semaines de vacances au mois d’avril vont finalement être raccourcies d’une semaine, à cause des cours que nous avons manqués. Enfin, nous avons des cours en ligne à partir d’aujourd’hui sur l’application Microsoft Team. J’ai testé le système aujourd’hui mais c’est assez long, et pour être franche, c’est ennuyeux d’avoir cours en ligne… surtout quand il s’agit de 3 heures de grec à 18h. Bon, je ne vais pas me plaindre, l’université se casse la tête pour nous assurer des cours afin de valider le semestre. Mais je préférais venir directement en classe, même si ça impliquait de devoir prendre le bus tous les jours.

Marché local de fruits et légumes à Nicosie, Chypre. © Mélissa Salé

Confinement : jour 1

Vendredi 24 mars 2020
Cher journal,
Et voilà ! On y est ! Depuis une semaine, je m’étais déjà auto-confinée. Mais aujourd’hui, à partir de 18h, le gouvernement met en place le confinement. Il était temps ! Je me demandais quand est-ce que ça allait arriver. Pour sortir, nous devons soit remplir un papier (comme en France), soit, envoyer un message à un numéro spécial. Dans les deux cas, il faut écrire notre numéro d’identité et préciser le motif de notre sortie. Mais trouver le formulaire papier à remplir n’est pas chose aisée, surtout que je n’ai pas d’imprimante. Donc j’écris toutes les informations sur une feuille blanche. Si on ne respecte pas ces consignes, on a 180 euros d’amende. Ça pique ! À l’annonce de cette mesure hier, j’ai entendu dire que les gens se précipitent en nombre dans les supermarchés. J’espère qu’il n’y aura pas de bataille pour du papier toilette comme j’ai vu dans d’autres pays ! J’ai décidé de voir ça de mes propres yeux, et quand je suis allée au supermarché, j’ai effectivement vu des gens qui faisaient la queue jusque dehors, les responsables limitant le nombre de personnes à l’intérieur. Je n’ai pas pensé à prendre de photo, mais j’aurai dû. Je n’avais jamais vu ça avant. Autre nouvelle : on a dépassé la barre des 100 contaminés. Hier, j’ai lu dans les journaux que nous avons 23 cas en plus, comptabilisant un total de 116 malades au sein de la République de Chypre (ces chiffres ne prennent pas en compte les cas de Covid-19 de la partie occupée turque).

Être confinée au soleil

Dimanche 26 mars 2020
Cher journal,

À mon arrivée à Chypre, nous étions 5 au sein de la collocation. Après le départ d’une d’entre nous il y a quelques semaines de cela, une autre colocataire a plié bagages aujourd’hui à l’annonce du confinement. Elle a eu peur de ne pas pouvoir retourner en Allemagne dans les semaines à venir, et elle ne peut pas se permettre de rester plusieurs mois ici pour des raisons financières. Personnellement, depuis plusieurs semaines je réfléchis également à partir ou rester. Mais je sens que je vais rester. Et sans doute jusqu’à la fin de l’été. Je sais que financièrement ça risque d’être compliqué si je reste plus longtemps, mais heureusement j’ai pu faire des économies en travaillant au café. Et, qui sait, le café rouvrira peut-être ses portes dans les mois à venir. Aussi, je n’ai pas spécialement envie de me casser la tête à rentrer plus tôt au risque d’attraper le virus en prenant l’avion, ou, en prenant ensuite les transports en commun pour arriver jusque chez moi. Et si je l’attrape, je ne veux pas contaminer ma famille. Enfin, je viens du Nord… tu vois le truc. En été, le soleil est plutôt capricieux. Il vient nous dire bonjour quand il en a envie. Ici à Chypre, le soleil est généreux. Alors si je dois être coincée quelque part, même en confinement, je préfère de loin le confinement au soleil à celui de la pluie !

Grand ciel bleu et du soleil à Limassol, au tout début du mois de mars, Chypre. © Mélissa Salé

Faire ses courses : l’épreuve du combattant

Lundi 30 mars 2020
Cher journal,
Ouf ! Je n’aurai jamais pensé que faire ses courses deviendrait autant éreintant ! Non mais sérieux ! J’arrive au supermarché, je prends les produits de façon pas très rassurée (pour l’instant sans gants). Ensuite, au moment de passer en caisse, je prends mes distances avec les gens, au minimum d’un mètre. Puis, quand je reviens chez moi, je me lave les mains et je lave TOUS les produits au savon ! Les fruits, les légumes, les cartons d’emballage, les plastiques… j’ai l’impression de devenir une vraie psychopathe. Mais en même temps, je n’ai pas spécialement envie de ranger des produits, peut-être contaminés, dans le frigo et les placards. Enfin (parce que je ne fais pas les choses à moitié), je désinfecte mon téléphone portable, ma carte bancaire et les clés de la maison. Ce rituel, à chaque fois que je sors faire les courses, ressemble à une véritable épreuve du combattant. Mais, je relativise car, comme dirait Nietzsche : « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ! ».

Des mesures plus strictes

Mardi 31 mars 2020
Cher journal,
J’ai bien fait de faire mes courses hier ! À partir d’aujourd’hui, on ne peut plus utiliser le formulaire papier pour sortir. Celui-ci est désormais réservé aux personnes âgées de plus de 65 ans. Pour aller dehors, il faut maintenant envoyer un message au numéro spécial. De plus, on ne peut plus sortir entre 21h et 6h, et, seulement une fois par jour (donc un message par jour). Tout pour casser les pieds ! Le problème c’est que de nombreux étudiants Erasmus ont essayé d’envoyer un message à ce numéro spécial, mais ils n’ont jamais eu de réponse. Le système ne semble pas fonctionner. Je n’ai pas encore essayé, je vais tester ça dans les jours à venir. J’espère que ce n’est que passager car il faut bien sortir pour s’alimenter. En plus de ça, le gouvernement a augmenté l’amende à 300 euros, si on sort sans avoir demandé la permission par message. Donc oui… il vaut mieux que ce système de messagerie fonctionne. Sinon, tant pis, je sortirai muni d’un simple papier si je n’ai pas le choix. Après tout, si ça ne fonctionne pas, je ne suis pas en tort, non ?
Autre nouvelle : on a franchi la barre des 200 contaminés. Au sein de la République de Chypre, on a donc 230 malades et 7 décès liés au virus. Malgré ces mauvaises nouvelles, j’ai décidé de ne pas me laisser aller. J’ai repris le sport, mais pour la première fois à la maison ! Je me suis mise à la zumba, heureusement qu’internet existe pour trouver des cours de sport en ligne. Vive la technologie !

La galère de la carte SIM

Jeudi 2 avril 2020
Cher journal,
OK… j’ai effectivement constaté ces derniers jours que le système de messagerie pour demander la permission de sortir ne fonctionne pas. Ou du moins, pas avec ma carte SIM. Après avoir reçu de nombreux courriels d’étudiants Erasmus se plaignant du système, dont moi, l’université a fini par trouver la cause du problème : nos cartes SIM étrangères ne permettent pas d’envoyer un message au numéro spécial. J’ai donc dû sortir m’acheter une carte SIM chypriote, avec un formulaire de sortie manuscrit. Une vraie galère ! J’avais peur d’avoir des problèmes, car on est censé ne plus utiliser cette méthode. Mais en même temps, j’ai besoin de sortir acheter cette carte SIM pour pouvoir prendre l’air en toute légalité par la suite. C’est le serpent qui se mord la queue. J’ai donc contacté l’ambassade française à Chypre, pour savoir si je risquais une amende en cas de contrôle. L’ambassade, qui avait conscience de ce problème, m’a assuré qu’elle interviendrait en cas de soucis. Je suis donc sortie pour aller acheter ce précieux sésame, et je n’ai finalement pas été contrôlée. Dernière information de la journée : hier, pour la journée de la farce, on a eu une bien mauvaise blague. Depuis le début de l’épidémie au sein de la République de Chypre, on a eu le droit au plus grand nombre de nouveaux malades en une journée : 58, ainsi qu’un nouveau décès. On atteint donc les 320 contaminés.

Rester plus longtemps que prévu ?

Lundi 13 avril 2020
Cher journal,
Il s’est passé pas mal de choses ces derniers jours. Le 9 avril, le gouvernement chypriote a décidé d’étendre les mesures en place – fermeture des lieux publics ainsi que le confinement – jusqu’au 30 avril. Rien d’étonnant étant donné que le nombre de malades continue d’augmenter de jour en jour. Le lendemain, l’université nous a annoncé que l’on n’aurait plus cours en présentiel jusqu’à la fin du semestre. On terminera donc le semestre avec des cours et des examens en ligne. Enfin, hier on nous a annoncé 17 nouveaux cas, le nombre de malades atteignant désormais un nombre de 633, ainsi que 16 décès, au sein de la République de Chypre. Mais je relativise, en me disant que la situation en France (ainsi qu’en Italie, Espagne, etc.), est bien plus catastrophique en ce moment avec plus de 90 000 malades et 15 000 décès. Bien sûr, la France compte 60 millions d’habitants contre environ 1 million d’habitants à Chypre, il semble donc compliquer de comparer le nombre de malades et de décès au sein de ces deux pays. Quand bien même, au vu de la situation en France, je pense désormais sérieusement rester à Chypre tout l’été, jusqu’à la fin du mois d’août, voire jusqu’au début du mois de septembre. Le problème est qu’à cette allure, je risque soit d’être en confinement en France, soit de n’avoir rien à faire cet été, faute de ne pas avoir trouvé de job ou de stage à cause de la situation. Alors autant rester à Chypre. Au moins, ici, si je ne suis plus confinée et si les lieux publics rouvrent, j’en profiterai pour alterner mes journées entre le job au café et les balades au soleil. J’ai déjà mon billet d’avion de retour, au début du mois de juin. Je déciderai, en fonction de la situation à Chypre et en France, à partir ou non à la date prévue. Ce sera donc une décision de dernière minute. En attendant j’attends, j’enchaîne les cours en ligne, les films sur Netflix, les séances de sport à la maison… en espérant que la situation s’améliore d’ici cet été.

Mélissa Salé

A l'étranger pendant un an dans le cadre de mes études, je compte bien mettre à profit cette chance pour m'exercer au journalisme, métier qui me passionne depuis le collège. Le Globeur m'offre ainsi l'opportunité de m'y appliquer, dans un cadre structuré avec une équipe animée par la même passion !

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