Interview: la situation de la communauté LGBT+ en Inde

L’article 377 du Code Pénal indien qui condamne l’homosexualité n’est plus. Sans légaliser les relations entre deux personnes du même sexe, l’Inde fait un pas en avant vers la reconnaissance des personnes LGBT+. L’annonce a été un jour de fête mais la route vers l’égalité est encore longue.

Une criminalisation contradictoire

L’Inde est le pays de la sexualité. Il l’a célébré pendant plus de mille ans à travers l’Art, la culture et surtout le Kamasutra. L’Inde c’est aujourd’hui 7 à 8% de sa population qui considère mener une sexualité alternative selon la Court Surprême. C’est aussi 16% des hommes et 6% des femmes qui se considèrent homosexuels selon l’India Today Sex Survey. La section 377 était contradictoire avec la Constitution puisque cette dernière défend 4 principes fondamentaux qui sont la liberté et l’autonomie individuelle, l’égalité, la dignité et la vie privée.

 

Le rôle négatif de la famille

Bien que l’Inde soit le pays du Kamasutra, il est encore très difficile de vivre son homosexualité dans la vie quotidienne et notamment dans le cercle familial. Le modèle familial indien, par sa forme patriarcale et hétérosexuelle, ne laisse aucune liberté à l’épanouissement personnel. Cela joue donc un rôle important dans la vie sexuelle des concernés. Le premier élément de socialisation qu’est la famille est considéré comme le premier adversaire de l’égalité. D’autant plus que le jugement de la Haute Court de Delhi en 1984 a déclaré que l’égalité et la liberté n’avaient rien à faire dans la famille. Le mariage forcé hétérosexuel est donc encore monnaie courante et va à l’encontre des préférences sexuelles.

 

Une longue route vers l’égalité

La route pour l’égalité des droits entre les LGBT+ et les hétérosexuels a été longue depuis la criminalisation des premiers par la Section 377 du Code Pénal Indien il y a 158 ans sous le régime colonial Britannique. Cette section interdisait les rapports sexuels « contre nature ». Longtemps sans avancées, la première a été en 2009 lorsque la Haute Court de Delhi a décriminalisé les relations homosexuelles (malgré une recriminalisation en 2013 avec la décision Koushal par la Cour Suprême). Et les progrès pour les droits des LGTB+ se sont poursuivis. En 2014, la décision Nalsa reconnait les droits de citoyenneté de la communauté transgenre. La décision Puttaswamy en 2017 déclare le respect du droit fondamental de la vie privée. La décision Shafin Fahan en 2018 défend le droit d’être en relation avec la personne de son choix. La décision Shayara Bano en 2017 déclare qu’une loi peut être déclarée inconstitutionnelle si elle est manifestement arbitraire. Ou encore la décision Shakti Vahini en 2018 qui reconnait le droit de choisir un partenaire de vie comme facette de la liberté individuelle.

« je suis tel que je suis : prends-moi comme cela » Johann Wolfgang von Goethe, Amant sous toutes les formes

Antoine Couillaud

Tombé à amoureux de l’Inde après y avoir vécu une année. Aujourd’hui en étude de journalisme à Lille en attendant de retourner à New Delhi manger du chole bhature dans mon street food corner préféré. Je suis aussi le président-fondateur du Globeur.

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