New College, University of Edinburgh

Coup d’œil sur le système universitaire britannique

Bien que convergeant depuis quelques années avec les standards européens pour pouvoir attirer davantage d’étudiants internationaux, l’université britannique reste atypique.

Au Royaume-Uni, le système éducatif est très différent de celui que l’on peut trouver en France. L’université en est l’exemple parfait. Je vais donc tacher de vous en donner une brève vue synoptique, tant pour une culture personnelle qu’en vue d’étudier au Royaume-Uni. L’université britannique se démarque non pas par une concentration  sur un grand nombre de cours pour emmagasiner le plus de connaissances possibles, mais sur des cours plus précis et en faible nombre.  Les élèves sont alors libres de faire des recherches et élargir leurs connaissances par eux-mêmes. C’est un système qui se rapproche de ce que l’on peut trouver en faculté en France, mais qui s’éloigne drastiquement de ce que l’on peut voir en classe préparatoire.

 

Royal College builging, Strathclyde university, Glasgow

Un système comparable

Le système britannique est organisé selon le même système LMD (licence/master/doctorat) que l’Union Européenne, mais divisé en « undergraduate » et « postgraduate ». Séparé l’un de l’autre uniquement par l’obtention d’un diplôme, du bachelor généralement. Le système de bachelor est similaire à celui que l’on trouve en France : il faut 3 ans pour l’obtenir (4 ans en Ecosse). Il est donc parfaitement compatible avec le système européen des crédits d’étude (ECTS: European Credit Transfert System) sauf qu’il s’appelle CATS au Royaume Uni. Deux unités CATS équivalent alors à une unité ECTS. En moyenne, un étudiant dispose de quatre matières par semestre qui donnent lieu chacune à deux à quatre heures de cours par semaine. Lorsqu’on vient d’un autre pays d’Europe, on dispose de trente crédits ECTS. La plupart des cours valant dix crédits ECTS, il n’est donc généralement possible de choisir que trois cours. Les horaires dépendent aussi d’un cours à l’autre. En général, un cours se compose de 2 h de “lecture” et 1 h de “tutorial” (lequel advient une semaine sur deux seulement). On se retrouve donc facilement avec entre 6 et 9 h de cours par semaine.

“Cet emploi du temps laisse (…) plus de place pour d’autres activités, qu’elles soient associatives, sportives, récréatives, ou, dans le cas d’un étudiant international, de visite de son pays d’accueil.”

Un travail personnel plus indépendant

Il doit y avoir un piège me direz-vous ? Le travail personnel est forcément excessif pour pallier à ce manque d’heures de cours ? Et bien non, et c’est bien là le charme du système. Le travail personnel est principalement constitué de « readings », à savoir des textes à lire pour la préparation des cours ; ainsi que des « assignments », des devoirs à rendre qui peuvent aller de simple exercices à de véritables essais ou dissertations. On peut également avoir droit à des devoirs plus “plaisants” comme regarder un film ou un documentaire précis. Du travail donc, mais pas trop de travail. Et cela sans pour autant laisser sur leur faim ceux qui auraient envie de s’instruire davantage. En effet, les « lecturers » proposent quasi systématiquement aux élèves des « additional readings », lectures supplémentaires qui permettent aux élève studieux de facilement en apprendre plus sur le sujet. Cet emploi du temps laisse alors plus de place pour d’autres activités, qu’elles soient associatives, sportives, récréatives, ou, dans le cas d’un étudiant international, de visite de son pays d’accueil.

Strathclyde Student Union, Le bâtiment des associations de l’université de Strathclyde

Bien entendu le volume horaire varie en fonction de l’université, de la filière au sein même de l’université, et du nombre de crédits dont on dispose. Des étudiants Chinois en “engineering” que j’ai pu rencontrer disposent par exemple de 5 à 7 cours différents, et le nombre d’heures qui y correspond (environ 20), mais nettement moins de lectures personnelles à effectuer. Ce nombre d’heure est considéré, de manière générale par les étudiants ici, internationaux ou écossais, comme très important, bien au dessus de la moyenne. Et c’est encore plus vrai lorsque l’on parle de la faculté de sciences humaines.

Un système peu encadré

Le problème d’un tel système, c’est le faible encadrement. Cela peut être un avantage pour certains étudiants alors plus libres de travailler quand ils le peuvent, quand ils le veulent, et surtout à leur rythme. Mais cela peut devenir un problème pour ceux qui ont réellement besoin d’un encadrement pour travailler. Passer son semestre à rien faire et passer les examens de justesse en bachotant au dernier moment n’est certainement pas la meilleure solution pour retenir efficacement ce que l’on apprends en cours. Ce serait dommage qu’un système qui favorise justement de retenir l’essentiel mène à tout oublier à peine sorti de la salle d’examen, n’est-ce pas ? Pour autant, comme en témoigne les statistiques, ce système ne favorise pas l’échec à l’université, loin de là. Le Royaume-Uni dépasse les 82% de réussite à l’université, alors que la France plafonne à environ 63% (auxquels s’ajoutent néanmoins 15% d’étudiants réorientés avec succès, contre 2% au Royaume-Uni).

Graphique du Monde, source OCDE

“Le Royaume-Uni dépasse les 82% de réussite à l’université, alors que la France plafonne à environ 63%”

De possibles inégalités

Le second, est sans doute le plus important problème, est le montant des frais universitaires. Déjà importants auparavant, ils ont triplé en 2014 ; ils rendent donc l’université encore davantage inaccessible et ploutocratique. Achevant par là même une destruction du mythique ascenseur social déjà bien entamée par la distinction public/ privé au lycée. En effet, les grammar schools sont aux high schools ce que les lycées privés sont aux lycées publics en France. Les “grammar schools” (littéralement “écoles de grammaire”), sont des établissements secondaires publics typiquement anglais basés sur les aptitudes scolaires de leurs élèves. Bien que la plupart aient été supprimées, il en reste une petite centaine. Ces écoles sélectives ont été accusées de favoriser, de fait l’élitisme. Et par la même d’augmenter les inégalités. Le débat revient régulièrement sur la table avec les “comprehensive schools” qui seraient des grammar schools avec un quota d’élèves défavorisés.

En somme, malgré quelques défauts, le modèle universitaire britannique reste relativement enviable pour un étudiant français, parvenant à concilier prestige et vie sociale des étudiants, un combo gagnant parfois difficile à obtenir en France.

Mattéo Khoudair

Moi c'est Matt, joyeux luron au service de la communauté. je pars pour l'Ecosse avec comme objectif de retourner le pays entier. Le Globeur, c'est l'occasion de faire partager une expérience, et de donner envie de visiter ce beau pays.

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