Hong-Kong : les Bureaux des Elèves en faveur de l’indépendance

A l’occasion de la rentrée universitaire, de nombreux présidents d’associations étudiantes sont montés au front pour dénoncer l’ombre grandissante de Pékin sur Hong Kong.

Début de l’année universitaire hongkongaise rime avec cérémonie d’ouverture. Chaque année, les freshmens et les étudiants internationaux sont conviés à cet événement. A cette occasion, le président de l’université ainsi que le président du student office (Bureau des Elèves ou B.D.E) prononcent un discours de bienvenue aux nouveaux élèves. Néanmoins, dans certaines universités, ce premier événement universitaire de l’année a été marqué par des conflits entre l’administration et les B.D.E.

Cheung Yam, président du student office de l’Education University of Hong Kong, dénonce, en effet, une volonté de le réduire au silence de la part de l’administration à l’occasion de la cérémonie d’ouverture. Comme le veut la tradition, le président de l’Université, Stephen Cheung, prend la parole en premier et clôt son discours de façon surprenante : « Que la fête commence ! Profitez de la nourriture et des rafraîchissements !” alors que le président du student office n’a pas encore prononcé son discours.

Place alors à Cheung Yam de monter sur l’estrade alors que la musique démarre. Alors qu’il entame son discours, Stephen Cheung, de son côté, prend des photos avec les élèves en les invitant à prendre part au buffet et à s’amuser. Un élève, responsable de l’accueil des étudiants internationaux, explique qu’ «il [le président du BDE] parle de l’indépendance de Hong Kong et que ça ne vaut pas le coup de l’écouter ».

Dans un communiqué, l’administration s’est alors défendu d’avoir voulu rendre l’événement plus jovial pour les 1000 élèves qui y assistaient.

“L’indépendance est la seule voie pour construire une société vraiment basée sur les intérêts des Hongkongais.” Cheung Yam

Dans une lettre ouverte envoyée à toute l’université, le student office attaque explicitement l’administration qu’il accuse d’avoir volontairement voulu obstruer le discours de leur représentant.

Un appel historique mais pas isolé

Cet appel pour l’indépendance fait écho au discours d’Andy Chan, fondateur du parti national d’Hong Kong, pro-indépendance, de plus en plus bruyant depuis cet été. Néanmoins, les mots de Cheung Yam ne sont pas isolés. Dans deux autres universités, la Chinese University et la Baptist University, les représentants des student office se sont également prononcés contre les autorités locales, les accusant d’être sous la coupe de Pékin. Le président du student office de la Baptist University accuse même l’administration d’avoir voulu le censurer en imprimant son discours de façon incomplète, dans lequel il dénonçait « le mandarin comme une langue étrangère à Hong Kong ».

Si ces prises de positions lors de cérémonies officielles constituent une première, ce n’est en revanche pas la première fois que des étudiants manifestent leur volonté d’indépendance. L’an dernier, des banderoles pro-indépendance avaient été installées sur le campus de la Chinese University entraînant des échauffourées entre les étudiants locaux et chinois et l’administration.

Cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam a qualifié ces discours d’ «absurde» et insisté sur l’inconstitutionnalité de la démarche des leaders étudiants qui violerait le principe « un pays, deux systèmes » de Hong Kong. Ce rappel à l’ordre de la leader fait écho à l‘interdiction du Parti National d’Hong Kong, indépendantiste, sur le territoire administrativement indépendant depuis lundi 24 Septembre sous prétexte de “menaces pour la sécurité nationale et atteintes à la Basic Law”.

Quentin Gilles

Rejoignant le projet lors de l'été 2018, j'ai eu la chance de pouvoir écrire à Hong Kong sur des sujets politiques et sociaux pendant un an. Aujourd'hui secrétaire du Globeur, je veux continuer à m'investir pour développer le média.

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